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LES NOUVEAUX JUDAÏSANTS


judaïsant


Lorsque Paul admonestait les premières Églises, il visait directement les judaïsants : ces croyants, souvent d’origine juive, qui cherchaient à imposer la Loi mosaïque aux nouveaux convertis, notamment les Gentils. Pour Paul, ces « troubles-fêtes » menaçaient la liberté acquise par Christ, remettant en cause la suffisance de sa croix. Mais aujourd’hui, une autre forme de « judaïsme » spirituel émerge parmi certains chrétiens : une fascination excessive, parfois idolâtre, pour le peuple juif et la terre d’Israël, au mépris des vérités bibliques sur l’Église et la Nouvelle Jérusalem.


Les judaïsants de l’époque de Paul

Dans les jeunes communautés chrétiennes, les judaïsants étaient des agitateurs. Issus du judaïsme, ils voyaient la foi en Jésus comme une extension de la Loi plutôt qu’une rupture libératrice. Ils insistaient pour que les croyants, même les Gentils, adoptent des pratiques comme la circoncision, l’observance stricte du sabbat le samedi, les restrictions alimentaires (interdiction du porc, par exemple) et les fêtes juives telles que la Pâque ou les Tabernacles. Paul, dans Galates 1:6-7, s’indigne : « Je m’étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre évangile. » Pour lui, ajouter ces exigences légales au sacrifice de Jésus, c’était prêcher une contrefaçon de l’Évangile. Dans Galates 5:1, il tonne : « C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude. »


Ces « faux frères » (Galates 2:4) semaient la division, imposant des fardeaux inutiles aux croyants. Le concile de Jérusalem (Actes 15) trancha : le salut vient par la foi, non par la Loi. Pourtant, leur influence persistait, au grand dam de Paul, qui les qualifiait de « chiens » et de « mauvais ouvriers » (Philippiens 3:2).


Une fascination moderne pour Israël

Si les judaïsants antiques voulaient ramener l’Église sous la Loi, certains chrétiens d’aujourd’hui tombent dans un piège différent : une obsession pour le peuple juif physique et la terre d’Israël, qui frôle parfois l’idolâtrie. Oui, les Juifs restent le peuple élu de Dieu dans un sens historique et physique, choisi pour porter ses promesses et donner naissance au Messie. Mais la Bible est claire : avec Christ, l’Église – composée de Juifs et de Gentils croyants – est devenue le peuple élu spirituel de Dieu. Paul l’affirme dans Romains 9:6-8 : « Car tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas Israël […] ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme la postérité. »


Pourtant, nombreux sont ceux qui exaltent la nation moderne d'Israël ou la ville de Jérusalem comme si elles conservaient une sainteté impliquée pour le salut. Des pèlerinages fréquents en Terre Sainte, des enseignements de rabbins ou de prétendus « sages d'Israël » écoutés avec révérence, voire une idéalisation des traditions juives : tout cela peut paraître pieux, mais est-ce biblique ? Prendre en référence des hommes qu'ils nomment les « sages d'Israël », c'est se tourner vers des figures qui ont clairement rejetés Christ comme Messie. Ces rabbins ou "sages", dont les paroles sont parfois élevées au rang de vérité spirituelle, ont choisi de s'appuyer sur la Loi et les traditions humaines plutôt que d'embrasser la révélation complète de Dieu en Jésus. Jean 1:11 nous rappelle : « Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu. » Chercher la sagesse dans leurs écrits, comme le Talmud – un recueil de commentaires et de traditions rabbiniques compilé par des hommes des siècles après les Écritures inspirées –, revient à prioriser les raisonnements humains plutôt que la Parole vivante de Dieu. Le Talmud, bien que reflètant une profondeur culturelle et intellectuelle, reste une œuvre humaine, fruit de réflexions et de débats de rabbins, souvent en désaccord entre eux, et non une révélation divine. Le placer au même niveau que la Bible, ou chercher en lui une autorité spirituelle, c'est ignorer que Christ seul est la vérité (Jean 14:6). De plus, la Parole nous avertit aussi que la Jérusalem terrestre sera jugée et détruite (voir Matthieu 24 et Apocalypse 11). Ce n'est pas elle que nous devons chercher, mais la Nouvelle Jérusalem, céleste et éternelle, que Dieu prépare pour son peuple (Apocalypse 21 : 2).


Une liberté détournée, une idolâtrie masquée

Cette fascination excessive détourne les croyants de la simplicité de l’Évangile, tout comme les judaïsants le faisaient autrefois. En plaçant un peuple, une terre ou des traditions au-dessus de Christ, on risque de reproduire l’erreur que Paul combattait : ajouter à l’œuvre parfaite de la croix des éléments humains, qu’ils soient légaux ou sentimentaux. Jésus a dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde » (Jean 18:36). Pourquoi alors courir après des ombres terrestres quand notre citoyenneté est dans les cieux (Philippiens 3:20) ?


L’Église n’a pas besoin de rabbins, de pèlerinages ou du Talmud pour accéder à Dieu. Christ est notre seul médiateur (1 Timothée 2:5) et sa Parole est notre seule autorité. La Nouvelle Alliance a remplacé l’ancienne, non pas pour rejeter les Juifs, mais pour inclure tous les peuples dans un plan encore plus grand. Idolâtrer la Terre Sainte ou ses traditions, c’est méconnaître cette vérité : le salut n’est ni dans une géographie ni dans une ethnicité, mais dans une personne, Jésus.


Une leçon pour aujourd’hui

Le message de Paul contre les judaïsants résonne encore dans l’Église moderne. Si les lois mosaïques comme le sabbat le samedi ou les règles alimentaires ne sont plus au centre des débats, l’esprit des judaïsants persiste chaque fois que des règles humaines ou des traditions sont élevées au rang de conditions pour le salut. Que ce soit par des exigences morales rigides, des rituels obligatoires ou une vénération mal placée d’Israël, le risque reste le même : obscurcir la liberté offerte par Christ. Paul nous rappelle que notre salut repose sur la grâce, reçue par la foi, et non sur nos œuvres ou notre attachement à une terre ou un peuple. Comme il l’écrit dans Éphésiens 2:8-9 : « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. » Les judaïsants d’hier et leurs équivalents d’aujourd’hui nous invitent à une vigilance constante : ne laissons rien nous ramener sous un joug que Jésus a déjà brisé.


Un amour pour tous en Christ

Que les choses soient claires : cet article ne vise pas à critiquer le peuple Juif ni à diminuer son rôle unique dans l’histoire du salut. Au contraire, notre amour pour eux, comme pour tout prochain – Juif ou païen –, doit être profond et sincère, reflétant l’amour de Christ. Loin de rejeter qui que ce soit, nous sommes appelés à être des témoins vivants de la liberté qu’il offre. Paul lui-même, Juif de naissance, pleurait pour ses compatriotes et désirait leur salut (Romains 9:3-4). Nous devons suivre cet exemple : aimer sans distinction, partager la grâce avec humilité, et pointer vers Jésus, le seul chemin pour tous les peuples. Car en lui, « il n’y a plus ni Juif ni Grec » (Galates 3:28), mais une famille unie par la foi et l’amour.



L. Giman

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